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AbitibiBowater: «Sans solution, la compagnie aurait été liquidée»
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«La compagnie devait trouver une solution afin de financer le déficit de 1,3 milliard de dollars pour ses régimes de retraite. Si une solution n'avait pas été identifiée pour rallonger la période pour combler le déficit, la compagnie aurait été liquidée, entrainant des pertes d'emploi et la liquidation des régimes de retraite».Voilà comment le président et chef de la direction d'AbitibiBowater, Richard Garneau, est venu plaider pour l'adoption du projet de loi 11 qui vise à sceller les allègements consentis par Québec pour le renflouement des caisses de retraite.
Selon les lois en vigueur, si rien n'était fait, la géante papetière se voyait obligée d'effectuer des versements de plus de 250 millions de dollars par année au cours des cinq prochaines années.
«Ce montant ne pouvait être financé, tenant compte des conditions de marché et des projections financières. Cette situation empêchait l'entreprise de compléter sa restructuration. Même selon les scénarios les plus optimistes, ceci dépassait de loin la capacité de payer de l'entreprise», a soutenu, hier, le grand patron lors de la commission parlementaire sur le sujet.
AbitibiBowater s'était placée sous la loi de la protection contre ses créanciers, en avril 2009, après avoir subi les effets de la récession, d'un haut niveau d'endettement et de la baisse structurelle de la demande pour ses produits de papier.
Ainsi, le déficit pour les fonds de pension représentait un taux moyen de solvabilité de 75 % pour les 22 régimes de retraite. Ceux-ci comptent près de 30 000 participants dont environ 20 000 retraités et bénéficiaires, 10 000 de ces retraités résident au Québec.
«Encore une fois, si rien n'était fait, la compagnie se serait retrouvée devant un scénario de liquidation de ses actifs et les retraités auraient subi une réduction importante de 25 % de leurs rentes», a répété M. Garneau.
Malgré tous les efforts et après avoir reçu l'approbation des créanciers et de tribunaux, des voix se sont toutefois élevées pour dénoncer une entente «après qu'elle ait fait l'objet d'un large consensus».
«De plus, le retrait des articles pertinents à notre entente du projet de loi 129 ont eu pour effet de créer un climat d'insécurité à l'égard des retraités, mais également pour les institutions financières prêteuses impliquées dans la relance de l'entreprise», affirme M. Garneau.
Celui-ci admet que le meilleur scénario possible aurait été de financer le déficit sur cinq ans, selon ce qui est prévu dans la loi actuelle.
«Cependant, à partir du moment où ce scénario était impossible à réaliser, nous demeurons convaincus que l'entente de principe permettant le maintien des rentes à 100 % pour les retraités en prolongeant le remboursement du déficit sur une plus longue période, était et demeure le meilleur scénario», a-t-il indiqué devant les parlementaires, dont la ministre Julie Boulet.
De son côté, le vice-président du SCEP-Québec, Renaud Gagné, a appuyé les prétentions de l'employeur selon lesquelles la compagnie aurait fait faillite sans cette fameuse entente.
«On a opté pour le mode innovation et on s'est montré imaginatif pour sauvegarder des emplois et des régimes de retraite», a-t-il déclaré alors que son collègue de la Mauricie, Claude Gagnon, a énuméré les appuis reçus en ce sens de la part des retraités et des travailleurs des usines de la région.
Finalement, le député péquiste de La Prairie, François Rebello, a insisté pour dire que les fonds de pension ne doivent pas servir à relancer les entreprises.
«Tant du côté de la compagnie que du gouvernement, il y a de l'espace pour garantir le plus possible les régimes de retraite et réduire le risque», a conclu celui qui s'est attaqué aux primes versées aux hauts dirigeants.
Les consultations sur le projet de loi 11 se terminent aujourd'hui. Il s'agit d'une loi qui modifie la Loi sur les régimes complémentaires de retraite et permet que l'option d'une rente servie par la Régie des rentes du Québec soit offerte en cours d'existence de certains régimes dans le secteur des pâtes et papiers.







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