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La survie de l'usine n'est pas assurée
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Trois-Rivières - Même si le syndicat refuse d'utiliser le terme ultimatum, la direction de l'usine Kruger Trois-Rivières a néanmoins fait parvenir une lettre aux employés, hier, dans laquelle elle leur rappelle que "la lutte pour la survie de l'usine de Trois-Rivières est loin d'être gagnée".
Cet envoi, perçu par certains employés comme une menace, survient alors que les négociations se retrouvent dans une impasse totale en vue du renouvellement de la convention collective qui est échue depuis le 30 avril 2009.
Le 17 mai dernier, les 325 travailleurs de l'usine ont rejeté l'entente de principe qui était survenue dix jours plus tôt. Lors de la séance les
204 travailleurs du local 136, la plus importante section syndicale de l'usine qui représente les hommes de métier et d'opération, avaient voté contre à 58 %. Les réductions salariales de 10 %, alors que l'entreprise engrangerait des profits, ont beaucoup influencé le résultat.
Malgré tout, le syndicat estime que cette lettre de l'employeur ne représente pas une manoeuvre d'intimidation envers ses membres, mais plutôt une façon de "lancer les discussions".
"Certains ont été chatouillés par la lettre, mais il ne s'agit pas d'une lettre de menace. Ce n'est pas un ultimatum", a assuré le président du syndicat, Steeve St-Pierre, au terme des deux séances d'information qui se sont déroulées, hier, afin de faire le point avec les syndiqués sur les négociations.
"L'employeur savait qu'on avait des rencontres aujourd'hui (hier) et il voulait simplement susciter les discussions sur le contrat-modèle", ajoute-t-il.
Par ailleurs, à la toute fin de la lettre dont Le Nouvelliste a obtenu copie, la direction laisse bien comprendre aux employés qu'elle n'a pas l'intention de céder le moindre pouce dans les négociations, recommandant même de tenir un nouveau vote sur l'entente de principe.
Les plus récalcitrants sont même visés directement par cet extrait.
"Nous souhaitons que les employés de la section locale 136 puissent reconsidérer leur position le plus tôt possible", explique dans la lettre le vice-président exécutif et chef de l'exploitation, Daniel Archambault.
L'employeur rappelle du même souffle que l'entente représente la clé pour la survie de l'entreprise. "L'entente qui vous a été présentée visait justement à permettre à l'usine de compétitionner à armes égales avec des entreprises qui ont maintenant un net avantage sur le plan des coûts de la main-d'oeuvre", peut-on y lire.
"L'entente que les membres de l'une de vos sections locales ont choisi de rejeter est absolument essentielle pour améliorer la compétitivité de l'usine", martèle M. Archambault, plus loin dans le document.
Rien ne bouge
Depuis la dernière séance de conciliation, le 31 mai dernier, c'est le silence radio. Tant du côté syndical que patronal, on demeure sur ses positions.
"Tout est au point neutre. L'employeur ne bouge pas et on ne bouge pas.
On n'est pas pressés. Présentement, c'est l'ancienne convention qui s'applique. Pour l'instant, c'est plus entre les mains du conciliateur à vérifier s'il semble y avoir des ouvertures", explique le représentant national du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Claude Gagnon.
Lorsque jointe par Le Nouvelliste, la direction de Kruger Trois-Rivières a fait savoir qu'elle n'émettrait aucun commentaire en lien avec la lettre envoyée à ses employés.
Pendant ce temps, à Trois-Rivières, la Fédération des producteurs forestiers du Québec tient son 42e congrès au cours duquel il a notamment été question des temps difficiles vécus par l'industrie au cours des dernières années. Depuis le début de la crise du secteur forestier en 2006, la FPFQ estime que les 36 000 producteurs ont perdu un milliard de dollars de revenus.
"Les baisses du prix du bois, combinées à la réduction de la demande, font mal à bien du monde dans les communautés rurales du Québec. Pour nous sortir de la crise, nous devons innover", a mentionné Pierre-Maurice Gagnon, président de la FPFQ et producteur forestier au Saguenay.






